Les polémiques se succèdent dans la France préélectorale de début 2022. Mais il ne faudrait pas qu’à côté des débats passionnés autour du Covid (il y est question in fine de vie et de mort), la forte polémique à laquelle a donné lieu la présence du seul drapeau européen sous l’Arc de Triomphe, le 2 janvier 2022, soit lue comme un psychodrame sans importance, opposant « européistes » et « patriotes ». Pour rappel, il s’agissait de saluer le début de la Présidence française de l’Union européenne.
L’intense polémique à laquelle tout cela a donné lieu est tout sauf superficielle. Car en filigrane, sont posées au moins deux questions aux fortes implications : le rôle des symboles en politique d’abord. Selon la célèbre assertion lévi-strausienne, « ils sont plus forts que ce qu’ils représentent ». Mais de même, cette séquence rappelle le cruel déficit symbolique affectant l’Europe au sens large ensuite, si la France comme Nation est a contrario richement dotée niveau mythes, rites et symboles.
Cette analyse, reprenant un débat ancien, constitue un pas de côté, amenant à considérer non pas le « supplément d’âme » mystique de la Nation française (« profané » par l’éclipse du drapeau tricolore selon ses défenseurs) mais la carence symbolique européenne.
Le philosophe Jürgen Habermas évoquait joliment « le désir d’Athènes », pour qualifier une aspiration profonde à l’idéal démocratique. Mais qu’en est-il du « désir d’Europe » ?
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Sans rites fédérateurs, l'Europe peine à faire rêver
Comment célébrer l'Europe, la mettre en récit, sans fétichisme, pour éviter d'en faire une notion fantôme.
https://theconversation.com/sans-rites-federateurs-leurope-peine-a-faire-rever-174725
Article de The Conversation France