Salut l'artiste, tu m'accompagnes depuis les années 80, on ne se connait pas, mais on a presque le même âge. On appartient à la même génération des années 60. Je n'ai jamais vraiment été un grand fan de toi. Toutefois, la chanson sur la Place des Grands Hommes m'a toujours plu. Remarque qu'aujourd'hui on te trouverait rétrograde et sexiste. Où sont les femmes ? J'apprécie cette idée de retrouver les copains de lycée tous les 10 ans. Un fil invisible… ta chanson triomphait à l'époque dans ce qu'on appelait les radios libres. Ta carrière a alors explosé, tu ne pouvais même plus manger une pizza tranquillement sur les Champs Elysées. Bon bénéfice de la soixantaine, maintenant tu manges des pizzas où tu veux sans risquer l'émeute.
Je t'ai vu en concert à Marseille alors que je venais de m'installer. Tu me suis. Tu me harcèles même, enfin je rigole. Mais les algorithmes de Facebook m'ont tenu régulièrement informé sur tes déboires d'installation de ton hôtel à l'Isle sur la Sorgue. Je n'ai rien demandé, mais le Face de Book a décidé de m'informer. Je ne sais même pas si je t'admire. On est très différent. Tu es à la fois chanteur, acteur et joueur de poker. Et même producteur. Le jeu, les casinos, c'est pas mon truc, je fuis les jeux d'argent, un truc malsain ou pour les trop riches, quant à chanter je me suis même pas cassé la voix puisque je n'ai même pas de voix. Toutefois, comme toi, j'ai découvert la chanson française avec Brel (des disques vinyles) puis Gainsbourg (les radios musicales). Quelles découvertes et bonheur d'écoute !
Acteur ? Je ne me remémore pas tes prestations. Ah si je me souviens, c'est lointain. Vraiment lointain. Au théâtre puis adapté au cinéma, tu as joué dans le Prénom. Une belle comédie qui explore les dynamiques familiales et les non-dits et les chaos à travers le choix d'un prénom. Quelle idée de vouloir appeler son fils à naître Adolphe, même en référence au roman de Benjamin Constant. Déclenchement de débats houleux, de tensions, de quiproquos et de règlements de comptes, de rancœurs et de secrets bien gardés, de grosses attentes familiales, et de sacrifices personnels. J'ai aimé l'acidité de cette pièce avec des dialogues percutants. C'est intelligemment mordant avec une touche d'humour pour ne pas étouffer sous le poids de la famille.
Bon on se fait un ciné club ce soir pour te revoir l'artiste ? Au fait, ça existe encore les ciné-clubs ?
Par Philippe Clauzard, le 7 octobre 2025